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Media Planet #18: Guillaume Dubois remplace Christophe Barbier, le combat des quotidiens, et une ambition intime

Guillaume Dubois remplace Christophe Barbier à la direction de la rédaction de L’Express

Christophe Barbier a été remplacé à la la direction de la rédaction de L’Express par Guillaume Dubois, « après deux quinquennats », comme il le souligne. Mais il reste conseiller éditorial. Un job où il sera moins manager et plus journaliste. Ce qui résume assez bien la difficulté qu’ont les groupes de presse à trouver de bons journalistes qui soient aussi de bons managers. Capables à la fois de faire tourner la boutique, de réaliser un journal. Mais aussi d’imaginer une stratégie, de gérer le changement, surtout à l’heure du digitale. « Je n’appelle pas cela une mise à l’écart, j’appelle ça une mise en vitrine », assure Christophe Barbier. Des journalistes qui finissent en vitrine… Comme à Amsterdam?

Elections américaines: le combat des quotidiens

Trump vs Clinton. Clinton vs Trump. Ou la chronique de la haine ordinaire, le pire de ce que la démocratie peut produire, comme l’a montré le deuxième débat qui les a opposé. Mais en coulisse, c’est aussi un combat – beaucoup plus honorable celui-là – entre deux quotidiens qui ont marqué l’histoire de la presse et de la politique américaine: le Washington Post. Et le New York Times.

Le New York Times a grillé son concurrent sur la feuille d’impôts de Trump. Réplique du Washington Post qui a sorti les commentaires salaces du même Trump sur les femmes.

Bref, on se croirait au plus fort des années 70, quand le NYT publiaient les carnets du Pentagone et le Washington Post l’affaire du Watergate, qui amena la démission de Nixon. Même à l’heure de l’omniprésence des réseaux sociaux, la vieille presse continue toujours à jouer son rôle de rempart pour la démocratie.

Une ambition intime

Une ambition Intime, la nouvelle émission animée par Karine Le Marchand, a fait un carton sur M6, avec plus de 3 millions de téléspectateurs en moyenne et même un pic à 4 millions au moment où l’animatrice de L’Amour est dans le pré s’entretenait avec Marine Le Pen.

Ce mariage de la politique et de la télé-réalité a suscité pas mal de critiques, souvent très méchantes d’ailleurs. C’est vrai qu’en France, on n’aime pas beaucoup voir les gens changer de registre. Et il y a un monde entre L’amour est dans le pré et la politique. En même temps, quand on observe ce qu’a fini par donner le mariage de la politique et de l’entertainment aux Etats-Unis, peut-être serait-il préférable que la télévision française ne s’engage pas dans cette voie!

Chaque semaine dans Media Planet, l’actualité des médias et de la communication décryptée en vidéo par François Kermoal, fondateur de Steve & Cie. En partenariat avec l’agence média 146 & Cie. N’hésitez-pas à vous abonner pour être certain de ne pas manquer un numéro…

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Media Planet #16: lunettes chez Snapchat, Business Insider en français, WPP avec Matthieu Pigasse

 

Snapchat lance des lunettes connectées

Ne dites plus Snapchat mais Snap Inc. La messagerie éphémère change de nom pour accompagner le lancement de lunettes caméra, baptisées Spectacles, qui permettent de filmer des séquences de 10 secondes à diffuser, devinez où, sur Snapchat.

Le dernier à avoir lancé des lunettes connectées avec une caméra, c’était Google. Et ça a fait beaucoup de buzz avant de faire flop. Je ne suis pas psychologue mais il doit y avoir un truc très personnel avec les lunettes. D’où vient ce fantasme de coller une caméra sur des lunettes? C’est sûr que pour les sports de glisse, comme on le voit dans la bande demo de Snapchat, c’est pratique mais sinon?

Qui a envie d’être filmé à son insu par quelqu’un qui porte des lunettes? Quid de ceux qui portent déjà des lunettes? Il faut les mettre par dessus? Surtout, quand on voit le temps qu’on met à choisir une monture…. Les Google Glasses donnaient un look spécial crétin dur à assumer.

Business Insider en Français

Business Insider débarque en France. La version française du site d’infos business créé par Henry Blodget, un ex-analyste financier, en 2007, a été lancée cette semaine, avec pour responsable éditoriale Marie-Catherine Beuth, ancienne journaliste média au Figaro.

Business Insider a vraiment apporté un ton nouveau et décomplexé à l’info business. Le site américain s’est d’ailleurs vendu l’année dernière au groupe allemand Axel Springer pour 300 millions d’euros.

Mais c’est un autre groupe d’origine allemande, Prisma, l’éditeur de Capital et Management, deux marques de presse économique elles aussi très novatrices en leur temps, qui est le partenaire de la version française.

Le Monde avait tué Le Post pour lancer la version française, d’ailleurs excellente, du Huffington Post. Cette fois, Prisma n’hésite pas à prendre le risque de cannibaliser Capital et Management pour lancer Business Insider.

Cela montre toute la difficulté qu’ont les groupes de presse traditionnels à migrer et innover sur le Web. C’est plus simple, finalement, d’importer de nouveaux concepts des Etats-Unis que d’en inventer de nouveaux.

WPP investit dans la société de Matthieu Pigasse

WPP, Le groupe britannique que dirige Martin Sorell, a pris une participation dans Les nouvelles éditions indépendantes (LNEI), la société de Matthieu Pigasse qui détient notamment Les Inrockuptibles, Radio Nova et une participation dans Le Monde.

Motif: depuis le Brexit, WPP voudrait investir sur des marchés clés tels que la France ou l’Allemagne.

Un groupe de pub qui investit dans des médias, cela nous rappelle que pendant des années, les agences de pub anglo-saxonnes trouvaient non déontologiques, pour cause de conflits d’intérêt,  d’être à la fois actionnaire dans la pub et dans les médias. Apparemment, ça ne gène plus Martin Sorrell d’être à la fois le médecin qui prescrit les médicaments, et le pharmacien qui les vend.

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Musique: Jeff Kaale. https://soundcloud.com/jeff-kaale

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Media Planet #15: François Hollande au Bon Coin, Laetitia Nadji, Twitter

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Les 10 ans du Bon Coin

Qui aurait dit, à son lancement en 2006, que pour son 10eme anniversaire, Le Bon Coin déplacerait un Président de la République. Et pourtant, Le Bon Coin n’est pas une Entreprise du Cac 40, juste un site de petites annonces qui a réussi sur un concept: la simplicité.

Francois Hollande, président normal – et donc simple, qui va au Bon coin – à ne pas confondre avec le petit coin, cela nous rappelle évidemment Nicolas Sarkozy chez Google et surtout Barack Obama chez Facebook.

Bref, les entreprises de l’Internet s’institutionnalisent à grande vitesse. Le signe qu’elles aussi vieillissent, finalement.

La blogueuse qui interroge Juncker

La star de la semaine, c’est Laetitia Nadji, cette youtubeuse qui a interrogé Juncker, le président de la Commission européenne, pour YouTube, justement, et qui se plaint des pressions qu’elle a dû subir de la plateforme, qui n’a pas trop aimé ses questions. Il faut dire qu’elles étaient assez cash:

Plus récemment, Facebook a censuré la photo iconique de cette petite fille  brûlé au napalm pendant la guerre du vietnam.

Youtube, Facebook, Twitter… On sait que ces plateformes ne produisent aucun contenu. Et pourtant, elles décident de ce qui doit être publié ou non, comme un vrai média. Dont elle ont la puissance. Peut-être devront-elle finir par l’assumer, d’autant qu’elles ne se privent pas de gagner beaucoup d’argent sur le dos des médias, justement. Alors, distributeur ou éditeur?

Twitter assouplit encore sa règle des 140 signes

Twitter vient d’assouplir sa règle des 140 signes. Photo et vidéos ne compteront plus dans le nombre de signes.
Ce n’est pas la première fois que Twitter essaie de sortir de sa règle des 140 signes – qui a fait son succès – tout en lui restant fidèle… Un exercice compliqué, et un peu artificiel, il faut le dire, car Twitter permet de rediriger vers des pavés de la taille qu’on veut. Du coup, cela ne change pas grand chose mais ça fait parler de Twitter. Ce qui nous rappelle un vieux truc du marketing pour relancer l’intérêt d’un produit: en donner plus pour le même prix.

C’est un peu comme chez Apple, où chaque nouvel iPhone – y compris le 7, s’accompagne toujours d’une rupture d’approvisionnement. J’ai un bon copain qui ne comprend pas pourquoi, depuis le temps, le responsable des approvisionnements d’Apple n’a toujours pas été viré!

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Media Planet #13: les Rencontres de l’Udecam, l’iPhone 7, Kenzo World

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Les rencontres de l’Udecam

C’était The place to be, mardi 6 septembre. L’Udecam, l’Union des entreprises de conseil et d’achat média, réunit chaque année, juste après les vacances, les professionnels du marché publicitaire autour d’un thème, cette année « le temps », ce qui nous a rappelé justement que l’on vieillit: souvenez-vous, les études budget-temps de l’Irep! Et cette année encore, il y avait un monde fou. Aussi bien pour écouter les interventions – et il y en a eu beaucoup, que pour socialiser et papoter avec les copains. Et de fait, il y a toujours autant de monde dehors que dans la salle, et ce même pendant les interventions. Comme si à l’heure des médias virtuels et de l’économie dématérialisée, on n’avait jamais autant besoin de se voir pour de vrai, de se parler en face à face, dans la vraie vie, quoi! « La vraie vie »: voilà un bon thème pour les prochaines rencontres de l’Udecam.

La sortie de l’iPhone 7

Ca y est: Apple lance, ce mercredi 7 septembre, l’iPhone 7. Question: quelle est la différence entre un iPhone, disons 4 ou 5, et un iPhone 7? Les deux appareils permettent de téléphoner, de recevoir des mails, de consulter Internet, de lire des news… Bref, à moins d’être un geek, rien ne les différentie vraiment. C’est d’ailleurs en partie pour cela qu’Apple encouragent à faire des mises à jour de ses programmes, avec pour résultat, on le sait, de rendre nos vieux modèles totalement has been. Et pourtant, on ne peut s’empêcher de télécharger les nouveaux systèmes, comme si on avait peur de rater quelque chose, alors que l’on sait très bien que toutes ces marques de hi-tech sont les reines de l’obsolescence programmée. Mais la peur d’être has been surpasse toujours celle de se retrouver avec un vieux clou. Bref, Apple aurait tort de ne pas continuer ainsi.

Kenzo World par Spike Jonze

Il y a tellement peu de pubs qui déchirent que l’on ne va pas manquer celle du Kenzo World, qui fait pas mal de buzz depuis son lancement, fin août. C’est signé par Spike Jonze et c’est ultra frais, même si les observateurs avertis ont relevé que le réalisateur avait imaginé quelque chose d’assez proche, il y a quelques années, avec l’acteur Christopher Walken. Ca m’a rappelé qu’à une certaine époque, on reprochait toujours à Jean Paul Goude, dont on reconnait d’emblée la touche, de toujours faire du Jean-Paul Goude… Mais c’est justement pour ça qu’on fait appel à ce genre de star créative, non? Pour leur personnalité. Si Modigliani ou Van Gogh vivaient encore, on leur demanderait de faire du Modigliani et du Van Gogh, pas du Picasso. Bref, tout ça pour dire que les créatifs devrait s’inspirer d’Apple pour mieux maîtriser l’obsolescence programmée.

Musique: Jeff Kaale. https://soundcloud.com/jeff-kaale

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Katharine Whitehorn, journaliste, écrivain, chroniqueuse

« You can recognize the people who live for others by the haunted look on the faces of the others »

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10 trucs simples que les Français devraient piquer aux Québécois

Québec
Retour en France après un mois au Canada à sillonner, entre autres provinces, le Québec, le Nouveau Brunswick, et la Nouvelle Ecosse. Le temps d’y repérer quelques pratiques, des plus futiles aux plus utiles, qui améliorent finalement la vie au quotidien. En toute légèreté. Qu’est-ce qu’on attend pour les adopter?

1 Le tutoiement généralisé

Passer une frontière et s’entendre demander par le douanier si « tu » peux lui passer ton passeport, avouez que ce n’est pas commun. Les Québécois en particulier et les canadiens francophones en général utilisent très peu le « vous », lui préférant systématiquement le « tu », y compris dans des lieux très corporates, comme par exemple les banques. « Tu veux combien ? ». Cela surprend toujours.

2 Des serveurs souriants et… enthousiastes

Au Québec (idem au Nouveau Brunswick et en Nouvelle Ecosse…), les serveurs des restaurants sont de bonne humeur, gentils, et souriants, poussant même l‘outrecuidance jusque vous demander si « ça va bien ? » quand vous vous arrivez, attendant même de vous une réponse, comme si votre bien-être les intéressait vraiment !

Une fois votre commande passée, ne soyez pas étonné si le serveur ou la serveuse vous lance, avec une étonnante sincérité : « Super choix ! ». Bref, on devrait envoyer tous nos serveurs parisiens à un stage de mise à niveau d’un mois à Montréal. Renouvelable si besoin.

3 Des voitures qui s’arrêtent aux passages pour piétons

 A Montréal comme un peu partout où l’on est passé au Canada, les voitures s’arrêtent systématiquement aux passages pour piétons. Pauvres parisiens qui risquons notre vie tous les jours pour traverser la rue.

4 Des feux de signalisation intelligents

Dans le même registre, les feux de signalisation indiquent aux piétons combien de secondes il leur reste pour traverser la chaussée. 10… 9… 8… Le vieux truc du compte à rebours, quoi ! On l’avait aussi remarqué à Singapour et c’est bien pratique. Qu’est-ce qu’on attend pour équiper nos feux avec?

5 Des gens qui font la queue tranquillement…

… et sans resquiller, que ce soit au guichet, au musée, c’est cool. Bon, vous voyez ce que je veux dire.

6 De vraies toilettes dans les lieux publics

Partout, au Québec, dans les lieux publics, on trouve 1/des toilettes en nombre 2/ généralement très propres et 3/ bien équipées en savon, papier et essuie-main. Alors qu’en France, dans ce registre, c’est vraiment la m……!

7 Des rues propres

A Montréal, une grande métropole, on n’a pas vu de crottes de chiens ni de rues-cendriers infestées de mégots de cigarettes comme à Paris. La cigarette est y même un peu plus réglementée qu’en France. Depuis mai 2016, il est interdit de s’en griller une sur la terrasse des restaurants. Les restaurateurs ont un peu râlé, craignant que les fumeurs ne restent chez eux mais rien de comparable au tohu-bohu que susciterait ce genre de mesure en France. Bref, quand une loi passe, elle est appliquée.

8 Des moustiquaires aux fenêtres

C’est tout bête (c’est le cas de le dire) mais les fenêtres des maisons et appartements de nos voisins québécois sont pour la plupart équipées de moustiquaires, ce qui permet de passer de douces nuits. Pourquoi pas en France, où les moustiques sont aussi légions ? Mystère. Un nouveau marché à prendre?

9 Des immigrés bienvenus

Dans un registre plus sérieux et même si ce n’est pas la patrie des Bisounours (ce n’est pas si simple d’être autorisé à émigrer au Canada…), le regard canadien sur l’immigration n’est pas du tout le même qu’en France. En décembre dernier, le premier ministre canadien, Justin Trudeau, s’est déplacé en personne pour accueillir les premiers réfugiés syriens à l’aéroport. « Sortis de l’avion ce soir en tant que réfugiés, ils ressortiront de l’aérogare en tant que résidents permanents au Canada avec un numéro de sécurité sociale, une carte de santé et une opportunité de devenir pleinement Canadiens », s’est-il alors réjoui. De la bonne com’ mais pas seulement car cela donne aussi le ton. La France, pays des droits de l’homme, vraiment?

10 La fierté de son pays

Les Québécois adorent leur belle province et ils vous le font savoir, au risque parfois d’apparaître un brin chauvin… De même, quand on voyage au Nouveau Brunswick ou en Nouvelle Ecosse, on voit fleurir un peu partout, devant les maisons d’habitation, des drapeaux canadiens. Des gens qui ne pratiquent pas l’auto-flagellation perpétuelle sur leur pays, voilà qui pourrait aussi inspirer les Français !

Bon sinon, on a moins aimé, en vrac : la climatisation systématiquement réglée sur des températures polaires, le café filtre, la culture de la malbouffe hors des villes, les villages sans âme et tristounets qui s’organisent autour de la station à essence et des supermarchés quand on quitte les grandes agglomérations, la complexité à voyager en trains, les prix qui s’affichent toujours sans taxes, à ajouter à la note… On ne peut pas tout avoir !

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Les valeurs de plan video

Le dernier spot de Steve & Cie. Pour apprendre les valeurs de plan en 30 secondes chrono.

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Steven Spielberg, réalisateur

« J’admire toute personne capable de mettre sur pied une production, de trouver une histoire, de l’argent, des acteurs et des techniciens, et de marner ensuite comme un esclave pour faire le film. Mieux, je lève mon chapeau devant toute personne ayant réalisé un documentaire, un court métrage, un spot publicitaire, une dramatique télé, un film de tourisme, un reportage, un long métrage, n’importe quoi… parce que c’est le business le plus dur du monde. Le public en rêve, croit que c’est facile et plein de « glamour ». »

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